Et puisque la France est en plein dans les élections présidentielles, nous vous proposons une lecture édifiante sur l’avenir (sombre) de nos démocraties, - devrait-on dire « de nos vies » tout court ?- à cause de tous ces GAFA et NATU, ces géants du web qui savent tout sur nous et qui ont le pouvoir de tout contrôler, à la fois au niveau des individus mais aussi des communautés…

Aujourd’hui dimanche 23 avril est jour d’élection en France. J’ai fait mon devoir consciencieux de citoyen en glissant un bulletin dans l’urne ce midi, j’ai pris ma décision dans l’isoloir, j’hésitais entre le vote utile et celui qui se trouvait le moins loin de mes convictions. Mais ma conviction profonde, c’est que les hommes politiques maitrisent de moins en moins notre devenir, celui de nos pays et bien au-delà le devenir de l’humanité toute entière. J’ai été conforté dans cette idée dernièrement par un livre prêté par un ami de Sanur intitulé « l’Homme Nu » écrit conjointement  par le journaliste Christophe Labbé et l’écrivain Marc Dugain. Cet essai de moins de 200 pages nous parle des GAFA et des NATU ou comment Google, Amazon, Facebook et Apple puis dans un second temps Netflix, AirBnb, Tesla et Uber ont changé irrémédiablement en moins de 15 ans le devenir de l’humanité et notre société. Or je n’ai trouvé presqu’aucune réponse à toutes les questions que pose ce livre pour notre avenir dans le programme des 11 candidats à l’élection présidentielle française.

L’un des points abordés dans ce livre, c’est que d’ici 20 ans, plusieurs études concordantes prouvent qu’environ 50% des emplois auront disparu, quasiment tous ceux des classes moyennes y compris journalistes et médecins et qu’il ne restera plus que des sales boulots mal payés ou bien des jobs à très haute valeur ajoutée requérant créativité et communication. Le progrès ne crée plus d’emplois et ce n’est pas la perspective d’un petit revenu universel de subsistance qui peut nous réjouir.

Un autre point, c’est l’incidence des tablettes sur le développement des enfants. Alors que tous les gosses des cadres de la Silicon Valley sont éduqués à l’ancienne dans une école Waldorf où l’ordinateur est prohibé jusqu’à l’âge de 14 ans, des études très sérieuses prouvent que les tablettes provoquent des troubles de l’attention, des retards de langage, entrave le principe de causalité et cause la perte de la notion du temps, une altération de la motricité fine et globale et nuit à la socialisation. Pourtant, la ministre actuelle de l’Education française a lancé un grand plan d’investissement pour équiper toutes les écoles avec ces fameuses tablettes.

Environ 80 % de toutes nos lectures, de nos recherches, de nos requêtes sur nos téléphones portables, nos liseuses et nos ordinateurs sont stockés dans la mémoire des méga-ordinateurs de ces entreprises de big data, d’où le titre de ce livre qui met en lumière le fait que nous n’avons jamais été autant espionnés et mis à nu. Elles permettent ensuite à ces entreprises qui se revendent les données de mieux nous cibler et de nous enfermer dans des bulles. Qu’on nous propose une publicité pour le sac à dos de nos rêves parce que nous avons parlé avec un ami il y a deux jours d’une rando sur un email, ça ne pose pas de problème mais ça doit nous mettre la puce à l’oreille. Si on est malade et que l’info est revendue à une assurance… Si on veut garder un tant soit peu privées nos affaires et notre vie alors que tout, absolument tout, est enregistré et peut être utilisé à notre encontre des années plus tard, alors, il est nécessaire de s’insurger contre cela sans renier le formidable outil que représente Internet.

La dernière partie du livre étudie les domaines dans lesquels ces grandes entreprises, qui sont devenues plus puissantes que les états, ont investi… et ça fait froid dans le dos. Si vous n’avez jamais entendu parler de transhumanisme, vous allez en comprendre les mécanismes. On étudie comment nous greffer de la mémoire et on greffe déjà des membres directement au cerveau, l’intelligence artificielle a fait tellement de progrès que les ordinateurs sont maintenant auto-apprenants et nul doute qu’ils nous dépasseront un jour très prochain. Dans la mesure où ces GAFA et ces NATU, grâce à Internet, ne sont plus limités par les frontières ni par aucune législation, les hommes politiques n’ont plus aucun pouvoir sur elles.

J’ai bien sûr beaucoup pensé à cette phrase de Rabelais en lisant ce livre : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » et nos politiques actuels sont complètement dépassés par ces enjeux, ils ne sont préoccupés que par leurs carrières et la manière de se faire offrir des costumes à 6000 euros pièce. C’est à nous, citoyens de nous mobiliser sur ce sujet. Je me propose de le prêter à ceux qui m’en feront la demande.

Socrate Georgiades

« L’Homme Nu, la dictature invisible du numérique » de Marc Dugain et Christophe Labbé, Ed. Robert Laffont et Plon. 196 pages, 17.90 euros.

la mafia des transports à Ubud

Bien, nous ne le savions pas encore mais il n’y a pas que les touristes qui se plaignent de l’absence de solutions de transport décentes à Bali…

Je suis indonésienne, je vis à l’ouest d’Ubud dans le quartier de Kedewatan et je voulais attirer l’attention des autorités et des touristes sur la difficulté à trouver un transport à bon prix sur Ubud. Rappelons d’abord qu’il n’y pas de transport public à Ubud, dans une ville qui attire chaque année des milliers et des milliers de touristes. Non seulement on ne peut pas faire appel à une  compagnie officielle de taxis du type Blue Bird, ni à celles on line du genre Gocar, Uber ou Grab mais les services de moto-taxis du type Gojek sont aussi interdits d’accès sous prétexte de protéger le marché des transports locaux. Or les transporteurs locaux ne sont pas professionnels, il est presque impossible de les joindre par téléphone mais en plus ils pratiquent des tarifs prohibitifs.
J’ai quand même réussi à trouver des numéros de téléphone de taxi-moto par la page FB Ubud Community mais les gars ne sont pas fiables, ils arrivent avec une heure de retard, transmettent l’info à un copain encore moins fiable qui ne vient pas et demandent par exemple 75 000rp pour se rendre à Singapadu, 150 000 pour se rendre à Kuta.
Je voudrais rappeler par exemple que le voyage Kuta – Ubud en Gocar coûte 118 000rp.
C’est non seulement étonnant que les autorités ne prennent pas plus soin des touristes et les laissent aux mains de ce qui ressemble vraiment à une mafia locale, mais pour nous aussi, Indonésiens de souche, ça pose vraiment un problème. Je sais qu’un journal français ne peut rien faire pour améliorer ma situation mais j’espère au moins que vous m’offrirez une tribune pour témoigner de mon exaspération. Bien à vous et merci pour votre journal,

Dina

harcèlement pécuniaire à Kayuputih

Un lecteur nous fait part du harcèlement pécuniaire dont il fait l’objet dans le village de Kayuputih, près de Lovina. Une forme de racket plutôt ordinaire à Bali…

Bonjour, je suis Joël Le Bail, je viens de faire construire une maison sur les hauteurs de Lovina, à Kayuputih. J’avais acheté une petite maison à Kaliasem lorsque je travaillais à l’ambassade, nous étions bien intégrés au quartier et personne ne nous harcelait pour obtenir de l’argent. Mon épouse indonésienne souhaitant habiter une maison dans la montagne, nous avons donc déménagé à Kayuputih il y a 2 mois. Depuis, nous sommes harcelés par de soi-disant représentants du village pour payer de soi-disant impôts locaux. Nous nous sommes acquittés du versement de l’IMB et de la taxe foncière, payés à des organismes officiels, mais ce que j’appelle la mafia locale nous harcèle pour payer une taxe « nouveaux habitants » et des taxes pour diverses activités dans 3 villages, soit 3,8 juta, plus 750 000rp pour Nyepi... Jamais nous n’avons eu à payer de telles taxes lorsque nous vivions à Kaliasem, à 2km de notre maison actuelle. Ces taxes sont-elles légales ? Cela me fait penser à la Corse. Pouvez-vous me conseiller ? Bien cordialement.

Joël Le Bail

La réponse de la rédaction…
Bonjour Joël, merci pour votre courrier. Oui, votre cas n’est pas isolé. Plusieurs cas identiques au vôtre me sont remontés, ça dépend à la fois des banjar et de la solvabilité supposée des clients. Ce week-end, on m’a précisément parlé d’un couple de Chinois, elle est indonésienne et lui est de Chine, ils sont aisés et les pecalang les ont carrément empêchés de rentrer chez eux sous le prétexte qu’ils n’avaient pas acquitté une taxe au banjar. Me permettez-vous que je publie votre courrier, si besoin en dissimulant votre nom et le nom du village, pour essayer de faire remonter de l’info et peut-être trouver une solution ? Bien à vous.

Socrate Georgiades


Enfin, dernier retour de la personne…
Bonjour, merci de votre réponse si rapide et de votre souci de nous aider. Bien entendu, vous pouvez publier mon courrier. Je sais qu’un retraité « bule » apparait aux yeux de certains comme quelqu’un de riche. J’ai consacré toutes mes économies à la construction de cette maison et je n’ai plus de quoi acheter une voiture… je ne suis pas un riche bule mais je ne me plains pas, j’assume mes choix de vie ; j’emploie 2 personnes du village comme je m’y étais engagé auprès du Lurah... mais je ne veux pas céder à l’extorsion de fonds. Les mafias prospèrent car beaucoup de gens se laissent
faire ; solidarité oui, racket non. C’est contraire à mes idéaux. J’aurais accepté si cet argent avait été redistribué aux pauvres de la commune ; mais ce n’est pas le cas (j’ai interrogé mes voisins avec qui j’ai de bonnes relations). Merci du temps que vous me consacrez, mettant en pratique les principes de fraternité. Bien cordialement.

Joël Le Bail

In memoriam

Eugène Baikoff nous a quittés le 22 janvier dernier dans sa 92ème année. Un cancer en phase terminale s’était déclaré au mois d’août et a mis un terme à ses 60 ans de carrière en tant qu’ingénieur structure. Il a refusé tout traitement et chimiothérapie et a pris en main le traitement de sa maladie avec une remarquable clarté d’esprit, pragmatisme et honnêteté. Sa dernière volonté était une crémation sans aucune cérémonie religieuse, elle a été respectée.

Bons vents Eugène!

LIberté de ton

Comme il arrive régulièrement depuis la création de la Gazette, un lecteur s’étonne de notre liberté de ton. C’est oublier que l’Indonésie est une démocratie depuis presque vingt ans maintenant, avec une liberté d’expression garantie, ce qui est tout à l’honneur du pays…

Bonjour à toute l’équipe du journal. Je viens de découvrir la Gazette et je suis ravi de pouvoir lire des articles en Français sur les événements de la vie à Bali, ainsi que ceux du pays en général. Je dois vous avouer qu’en tant que résident retraité, ma surprise fut grande de découvrir tout ce qui se passe en actualités, (politique, justice, etc...).  Mon rêve est brisé... Je me suis même posé la question de savoir s’il n’était pas dangereux pour les journalistes et la Gazette de publier ces articles documentés, sans problème, sans censure. Je suis en admiration que ça marche. Merci pour votre excellent travail journalistique. Cordialement.

Wayan JC (Jawa)


La réponse de la rédaction…

Bonjour et merci pour votre courrier et vos félicitations. Parce que nous sommes étrangers et souvent isolés dans notre bulle linguistique et culturelle, nous sommes quelquefois un peu coupés du pays dans lequel nous avons élu domicile. C’est donc notre travail que de vous informer de l’actualité très riche de ce pays. Comme dans la plupart des pays du monde, l’actualité est souvent noire, voilà pourquoi par exemple nous avons décidé de passer les infos les plus anxiogènes uniquement sur notre fil d’actualité Twitter, nous les avons presque toutes supprimées de notre compte Facebook et du journal papier.

Relayer l’info est un métier difficile, il faut choisir et hiérarchiser. Ne pas être béni oui-oui en ne passant que des infos positives, ne pas jouer les jeux du cirque et attiser le goût du sang en ne passant que des infos anxiogènes et sanguinolentes. Pour nous qui vivons à Bali, dans la première destination touristique du pays, c’est un souci quotidien que de jouer avec cet équilibre subtil pour donner l’image la plus vraie et juste du pays sans angoisser nos visiteurs et les résidents qui ont décidé de s’y fixer. C’est une vraie responsabilité parce que les acteurs du tourisme (hôteliers, voyagistes...) et les gens de l’office du tourisme de l’Indonésie souhaiteraient bien évidemment nous voir plutôt faire rêver les touristes et relayer une image de magazine papier glacé du pays. On nous lit, on nous scrute, on nous observe en haut lieu, à Denpasar, Jakarta et Paris mais nous n’avons jamais eu de pression ni de censure ni de procès en presque 12 ans d’existence. Mais il est vrai que nous prenons les devants, nous nous auto-censurons sur quelques sujets très sensibles et nous documentons toujours nos articles en citant des sources journalistiques indonésiennes. Il est vrai aussi que notre sensibilité occidentale nous fait voir les choses d’une manière différente qui ne peut pas être exprimée publiquement ici au risque de froisser la sensibilité et la fierté nationales, nous en avons conscience et respectons les Indonésiens qui nous accueillent dans leur pays.

Les autorités ont sans doute conscience de la justesse de notre démarche et du fait que nous ne franchissons jamais les limites (disons plutôt, presque jamais). Notre action journalistique et culturelle, notre quête d’une image la plus exacte de ce pays, contribuent certainement à promouvoir et valoriser Bali et l’Indonésie plutôt qu’à noircir sa réputation... car nous sommes avant tout de vrais amoureux de l’Archipel ! Bien cordialement et bonne lecture.

Socrate Georgiades
Une belle initiative des enfants du Lycée français de Bali avec Bali Sea Turtles et Ticket to the Moon…

Chers insulaires ! Afin de préserver les océans, le Lycée français de Bali s’associe avec Bali Sea Turtles et Ticket to the Moon dans l’optique de promouvoir le développement durable qui est un enjeu majeur dans les objectifs de l’école. Voient le jour au sein de l’école de nombreux projets humanitaires axés notamment sur l’eau. Le mois dernier, la classe de 4ème a participé au lâcher de bébés tortues tout juste sortie de l’œuf organisé par l’association Bali Sea Turtles. Tout au long de l’année, des bénévoles s’occupent du ramassage des œufs exposés aux dangers des plages. Les tortues nées sur une plage reviennent pondre au même endroit, c’est pourquoi leur avenir est mis en péril par l’accroissement du tourisme et des animaux errants. De plus, d’autres dangers restent à braver une fois à l’eau : le plastique et les déchets en général... Environ 1 tortue sur 1 000 survivra, il est donc impératif de les préserver.

L’association a pris de la notoriété et bénéficie aujourd’hui de l’aide de nombreux bénévoles également locaux qui peu à peu prennent conscience de l’impact important  qu’une petite action peut avoir. C’est pourquoi nous voulons leur venir en aide avec la vente de sacs. Ceux-ci sont fabriqués à partir de toile de parachute fournie par Ticket to the Moon et sont particulièrement pratiques et résistants. Les objectifs de ce projet sont de sensibiliser et de mobiliser par le biais de la communication contre l’utilisation des sacs plastiques. Les fonds récoltés seront reversés en majeure partie à l’association Bali Sea Turtles et permettront aussi à notre classe de partir en mission-sauvetage des eaux balinaises. Adhérez à notre cause et unissons-nous pour construire un futur plus durable !

Les élèves de Terminale.
Noémie, Camille, Chan, Balthazard et  Jasmine

Casse-tête administratif avec l'ambassade

La demande de visa pour la France est-elle trop compliquée depuis l’Indonésie ? C’est la question que pose cette personne qui incarne un cas particulier mais qui n’est pas non plus exceptionnel : elle est étrangère non ressortissante de l’Union Européenne en France, où elle réside, n’a pas de Kitas ici et n’est pas non plus indonésienne… 

Alors qu’avant l’Ambassade de France à Jakarta recevait directement les demandes de visa, aujourd’hui le service est délocalisé et le traitement est confié à une entreprise intermédiaire qu’on appellera T. T est une entreprise indonésienne qui reçoit les dossiers et les transmet à l’ambassade. Soulignons toutefois que les demandeurs n’ont aucun contact direct avec l’ambassade. Impossible de poser une question quelconque ou appeler pour des renseignements, on nous envoie directement à T. Mais qu’en est-il de T ? Sont-ils assez compétents pour des questions plus complexes qui touchent directement aux lois françaises ? Savent-ils faire face à des cas qui sortent du schéma habituel ? Enfin, arrivent-ils à communiquer efficacement avec l’ambassade ?

Selon le règlement, seule une personne de nationalité indonésienne ou résidente ici avec un Kitas peut demander le visa pour la France à l’Ambassade de Jakarta. Il existe toutefois une dérogation si la personne en question peut justifier d’une raison urgente de retourner en France et ne peut pas demander le visa depuis son pays d’origine. Mais bien que le cas particulier soit précisé sur le papier, l’entreprise T sait-elle le mettre en pratique ?

Résidente en France depuis 8 ans avec un titre de séjour renouvelable d’1 an, j’ai dû partir en Indonésie pour 6 mois sachant que mon titre de séjour expirait avant mon retour en France. La préfecture de Paris m’a gentiment précisé que je peux demander mon visa de retour sans problèmes à l’ambassade de France. C’est là que toutes les péripéties ont commencé. Après plusieurs échanges au téléphone avec T, j’arrive à prendre rendez-vous en précisant que je ne possède pas de Kitas en Indonésie. Arrivée sur place depuis Bali, je suis confrontée à un retournement de situation : « Mademoiselle, on ne peut pas accepter votre dossier puisque vous ne rentrez pas dans les critères habituels. » Inutile de leur expliquer que j’ai tous les justificatifs nécessaires pour prouver que je réside en France de manière permanente, ils ne comprennent pas et ne veulent pas m’écouter. Ils paniquent et m’envoient à l’ambassade pour que j’explique moi-même la situation en me précisant qu’« on m’attend à l’ambassade ».

Qui ? Où ? Je n’en sais rien. Arrivée devant, je bataille pendant 20 minutes pour pouvoir entrer puisque personne ne semble être prévenu de mon arrivée. On remarque déjà un léger problème de communication. Après de longues explications au garde, j’entre dans le service de visa. La réceptionniste indonésienne m’explique en français sans vraiment comprendre ma situation que la responsable des visas n’est pas là aujourd’hui. C’est là où je me dis que T s’est débarrassé de moi car ils ne savent pas comment gérer le problème, de vrais professionnels ! En insistant, j’arrive enfin à parler avec une personne française qui me comprend un peu mieux. Elle m’annonce alors que dans quelques heures, elle contactera la responsable pour pouvoir discuter de mon cas (qui, j’insiste encore, est bien prévue dans la loi !) qui a son tour donnera des directions à T. Entre l’avion dans 5h et l’incertitude d’obtenir mon visa de retour, je ne sais pas ce qui est pire. Finalement, la responsable donne le feu vert à 2h de l’heure du vol et mon dossier est accepté par T. Autonomie de la part de T : 0 !

Je croyais que tout ceci allait être fini et que j’allais recevoir mon passeport dans 15 jours (délai maximal de traitement de demande). Grosse erreur ! Dix jours plus tard, on me demande d’envoyer mes relevés bancaires sans me préciser à quelle adresse. J’envoie à deux adresses email de l’ambassade et à l’adresse de T. Les jours qui suivent, je n’ai aucune nouvelle et le dossier n’avance pas. Je ne sais pas si les papiers sont bien reçus ou non. T me dit qu’ils n’ont pas la réponse, l’ambassade me dit qu’ils vont me répondre. Je les appelle tous les jours et j’ai toujours la même excuse. Je n’ai d’ailleurs jamais reçue la réponse promise de l’ambassade. Les deux instances ont passé leur temps à se renvoyer la balle sans vraiment connaître le rôle de chacun dans l’affaire. Comment l’ambassade peut-elle se déresponsabiliser de toutes questions techniques en mettant tout sur le dos d’une entreprise non compétente à cet égard ? Est-ce que ça suffit de parler français pour comprendre les subtilités administratives ?

Mon expérience a démontré des vraies failles dans ce système de communication administratif, un vrai manque de sérieux et l’inefficacité du traitement. J’avais comme l’impression de faire ma demande en ligne sauf que la case pour cocher mon cas ne fonctionnait pas et le bouton d’aide ne figurait pas sur l’écran.

Renouvellement laborieux d'un visa tourisme

Les péripéties d’un renouvellement de visa tourisme​. Si on arrive à Bali pour y passer 30 jours, le visa est gratuit pour les Français et de nombreuses nationalités. Mais si on veut rester plus de 30 jours, il faut payer son visa à l’arrivée ainsi que le renouvellement pour les 30 jours suivants. Cette touriste, qui souhaite rester anonyme, nous livre la petite chronique de ses trois allers-retours au bureau de l’immigration…

Arrivée aéroport, je paye un visa normalement gratuit la somme de 440 000rp pour un mois et un ticket autorisant le prolongement d’un mois, on m’annonce que ceci me coûtera seulement 330 000rp. ​Lundi 22. Je me rends donc au bureau de l’immigration à Nusa Dua, un jeudi matin 3 semaines après​, la fleur au fusil​, avec passeport et le fameux stamp déjà dans le passeport. 30 mn de voiture plus le péage deux fois pour le nouveau bureau super moderne avec plein de tableaux​ d’affichage pour tous les numéros en attente, des hauts parleurs qui hurlent et scandent les numéros qui s’affichent (on se demande pourquoi deux opérations !)​.​ Pas mal organisé mais toujours un monde fou. Des gens de tous âges et conditions, des jeunes en petite tenue très légère, et je me souviens de l’époque où il était interdit d’entrer en short et débardeur... Des vieux retraités visiblement, des cannes et des cheveux blancs, je reconnais quelques kitas aussi. Moi je suis une nouvelle touriste !

Pour le touriste lambda qui veut dépenser son argent un mois de plus en Indonésie, il faut : le passeport, le billet retour, la fiche à remplir avec un millier de question​s​. Evidemment, comme j’avais ​pas tout, le toko du coin te fournit​ Internet et photocopie, ouf ! 20 mn. J’y retourne, et je fais la queue 45mn​. Un taré qui parle pas mais qui hurle, m’engueule parce que j​’ai pas rempli l’adresse de ma famille dans mon pays d’origine (????). Et où j’habite ici ? H​ôtel ? Villa ? Ah, chez des amis... Honnêtement, je me sens humiliée. J’ai mal calculé, je serai quand même en over stay de 4 jours, soit 1 200 000rp à payer au départ ! Juillet ao​ût, 31 jours. Va t’asseoir, on t’appellera.
Encore 15mn, tu récupères un bout de papier et tu dois revenir 3 jours après et pas un autre jour ! Pour faire photo et payer 330 000rp normalement ! Ensuite, tu reviendras 3 jours après reprendre ton passeport. Et je devrai quand même aller à Singapour ou payer l’over stay à la fin.
RDV obligatoire 5 jours après pour photo et paiement. Tant pis si tu avais prévu de partir en croisière, raison de l’extension de ton visa dans ce beau pays.

Jeudi 25. ​A nouveau embouteillage et péage. Arrivée à l’accueil, c’est ticket, attente assez courte, paiement : 350 000rp. Tu remets la quittance à un employé qui vérifie et te redonne un numéro d’attente pour photo et empreintes (empreinte ! pour un touriste !). Et l​à,​ l’horreur, j’ai le ticket numéro 155, le numéro affiché​, en cours, est le 65. A raison de 2mn par personne, je calcule près de 3 heures. Je suis abattue, sort ma tablette et me mets à lire en attendant et prenant mon mal en patience. L’attente durera 2h40… Ensuite ça va vite : photo​, empreinte et le prochain RDV le mardi suivant pour le passeport.

Mardi 30. ​Embouteillage et péage pour la troisième fois le mardi suivant, soit 9 jours en tout.
Et là, miracle, tu reçois ton passeport en moins de 10mn. Je regrette presque la rapidité, je m’étais mis dans un bon état d’esprit pour attendre encore quelques heures... Coût financier : 440 000rp, à l’arrivée, 350 000rp, pour la prolongation, 6 fois 11 000rp de péage, 66 000rp. Essence, attente, embouteillage. Et au final, pour moi, encore 1 200 000rp pour 4 jours d’over stay. Soit plus de 2 000 000rp ! Si j’avais su... j’aurais pris un AR retour à la journée à Singapour, j’aurais au moins pu faire du shopping dans l’aéroport !

Les mains de Nur

Serge, un lecteur, nous parle avec ferveur de sa passion pour les massages de Nur, sa « physiothérapeute un peu magicienne »…

Bonjour, de retour à Bali, j’ai envie de parler de Nur. « Les mains de Nur ». Les mains de Nur volètent au dessus de mon dos, de la tête aux pieds. C’est la prière de Nur. Puis elle enfonce le pouce dans la plante de mon pied droit, Oh, ça fait mal. Nur me dit : « D’après ton pied droit, ton rein gauche est enflammé. Tu dois boire plus. » Enfin, Nur commence à masser ma jambe droite, du pied jusqu’à la fesse. Ses mains déposent un peu d’huile et me massent en profondeur. Nur me masse, me caresse, me triture, me fait mal mais me fait du bien. Nur reprend la même routine sur la jambe gauche, et là, j’attends, je vais souffrir, je le sais. Et oui, quand elle a fini les deux jambes, Nur s’attaque à mon dos, des fesses au cou. Après avoir déposé un peu d’huile et massé mon dos traditionnellement quelques minutes, Nur enfonce son coude au creux de mon dos de tout son poids et le promène ce coude, des fesses au cou. Et là, ça fait mal, je serre les dents et commence à compter : dix, vingt, trente secondes avant que ça s’arrête. Mon Dieu que c’est bon quand, me faisant me retourner sur le dos, elle demande : « Comment te sens tu ? » Nur me masse maintenant le ventre, les bras, les mains. J’ai l’impression de me faire laver comme un bébé. Les mains de Nur étaient du granit. Elles deviennent du velours, mieux encore, sont chaudes comme du pain. Enfin, Nur masse mon crâne, mon front, mes joues, puis immobilise ses mains sur mon visage. Et, pendant une minute, je m’endors, soulagé de mes douleurs, reposé et l’esprit en paix. Les mains de Nur volètent de nouveau au dessus de moi. C’est la prière de fin de massage de Nur. Nur est ma masseuse. Elle est physiothérapeute et un peu magicienne. Je la paie dix euros pour une heure.


Serge

Sur les restaurants de plage de Jimbaran

Un lecteur n’a pas du tout apprécié un article de la page culinaire d’août dans laquelle nous affirmons que les restaurants de plage de Jimbaran et Kedonganan sont malheureusement devenus aujourd’hui des « arnaques à touristes »…

Bonjour, je suis vraiment attristé de lire l’article sur les restaurants de Jimbaran. J’aurais pu comprendre (quoique) un tel article sur le site de Trip Advisor mais pas dans la Gazette, provenant de personnes résidant depuis longtemps à Bali. Cette généralisation est inadmissible. Un journaliste ne doit-il pas vérifier l’info avant de l’écrire et surtout de la publier ? Il y a 3 lieux de cafés sur la plage de Jimbaran et vous le savez sans doute parfaitement. De quel endroit parlez-vous ? Je peux vous faire diner sur cette même plage sans aucune des critiques que vous mentionnez.
Le titre de l’article est ignoble. Pour en finir avec quoi ? Ne mettez pas tout le monde dans le même panier, faites correctement votre métier. Pour en finir avec le journalisme non professionnel ?


Bernard

La réponse de la rédaction…

Cher Bernard, je vous sais un fidèle lecteur de la Gazette depuis ses débuts et je suis bien désolé de vous attrister. Mais oui, je persiste et signe, je porte un jugement très critique sur les établissements de plage qui s’étendent de Jimbaran à Kedonganan et c’est mon métier que d’analyser, décortiquer, comparer, synthétiser, mettre en perspective et critiquer - sans parti pris -, et pas que dans le domaine culinaire. Oui, je fais un amalgame parce que je compile depuis des années les expériences de mon entourage sur ce lieu et les miennes propres quand il m’arrive d’y aller, pas plus d’une fois par an, en changeant à chaque fois d’établissement et avec le faible d’espoir d’en trouver enfin un dans lequel je pourrai bien manger et si possible avec un rapport qualité/prix honnête. J’ai toujours fait extrêmement attention à ne pas porter atteinte à toutes les combines liées à l’industrie touristique à Bali mais là franchement, je réitère ma généralité de café du commerce sur les restos de plage de Jimbaran malgré les milliers de personnes qui y défilent chaque jour. Et c’est d’autant plus frappant qu’à Bali, s’offre à nous un immense choix de restos, pour toutes les bourses et tous les goûts, avec une grande majorité de gens sérieux qui prennent leur métier à cœur, qu’ils soient propriétaires de petits warung ou de grands restaurants cotés. Nous avons le choix, profitons-en, la restauration à Bali ne se réduit pas à ces restos à touristes ! A propos de cette zone de Jimbaran, je voudrais mentionner le chef suisse Heinz Von Holzen qui anime depuis près de 20 ans un cours de cuisine balinaise admirable et qui prend un malin plaisir à emmener ses élèves d’un jour en visite éclair dans le marché de poissons de Kedonganan à la recherche du « dernier poisson frais de Bali » mais je n’en dirai pas plus !
Si vous vous rappelez de la Gazette du mois d’avril 2014 et de mon article intitulé « Tripadvisor, pas si avisé que ça ! », vous aurez du mal à nous comparer à cet instrument déloyal qui porte au pinacle, grâce à son algorithme totalement tronqué, des restaurants insignifiants qui ont juste acheté une vingtaine de critiques ou ont demandé à leurs amis de leur poster des critiques 5 étoiles au détriment d’établissements qui ont pignon sur rue depuis longtemps et totalisent des milliers de critiques…
Pour revenir aux restos de la plage de Jimbaran, j’émettrai quand même un bémol en admettant que la qualité s’est dégradée au fil des ans, sans doute en raison de la  concurrence, il me semble que c’était meilleur il y a une dizaine d’années et que le rapport qualité-prix était plus raisonnable. La course aux commissions nuit gravement à la qualité des prestations et des activités et c’est valable dans le monde entier. Ne soyons pas naïfs, ne défendons pas des gens qui n’ont aucun respect pour leurs clients sous prétexte qu’ils sont du cru et félicitons-nous bien plutôt qu’un journal ait le courage de le mentionner.

Socrate Georgiades

motard dans la cendre

motard dans la cendre
merapi novembre 2010

face sud du merapi

face sud du merapi
paysage de désolation après le passage des lahar