eruption du merapi novembre 2010

Un employé d’une agence de voyages spécialisée dans le trekking et la découverte des volcans d’Indonésie basée à Yogyakarta nous livre un témoignage de première main sur la situation depuis l’éruption du Merapi…

Je suis à Yogyakarta depuis le mois d’août au pied de ce fabuleux volcan, le Merapi. Quel le ne fut pas ma surprise en me réveillant le 25 octobre dernier au matin en ouvrant les rideaux de ma chambre et en constatant que le jardin était recouvert de cendres grisâtres. Cela m’a, en quelque sorte, rappelé les paysages dans les Alpes au début de l’hiver. J’allume aussitôt la télévision pour avoir des informations et je constate effectivement que le Merapi est entré en éruption.
Nous surveillions déjà le Merapi depuis le niveau d’alerte 3 ( 4 étant le maximum). Nous nous étions justement rendus au centre de volcanologie à Jogjakarta le mois précédent, pour établir un partenariat concernant les informations sur les volcans. Suite à cette première pluie de cendres, nous avons recouvert tous les appareils électroniques du bureau de draps, journaux afin de les protéger. Il faut savoir que cette cendre est infime et entre partout dans les maisons. Il faut absolument boucher toutes les aérations. A ce jour, nous en sommes au même point.
Je me suis déplacé jusqu'à Magelang où j’ai pu observer le paysage de désolation où toute la ville est grise, le poids de la cendre a fait plier les branches des cocotiers et fait écrouler certaines toitures en taule. Cela fait penser à un paysage de guerre où, tout au contraire de Yogya, Magelang n’a pas eu de pluies salvatrices pour nettoyer la ville. Lors des pluies sur Yogya, j’ai pu constater la couleur chocolat de l’eau qui sortait des gouttières durant presque 40 minutes ! La semaine qui a suivi, je me trouvais au bureau en fin d’après-midi et j’entendis un petit crépitement, curieux, je suis sorti pour constater que de petits graviers tombaient sur les feuilles des arbres dans le jardin. J’avais connu la grêle mais là…
La communauté française est régulièrement informée par Marie Le Sourd, directrice du Centre culturel français par sms, email et appels téléphoniques. Chapeau pour son travail, car elle est constamment sur le qui-vive et nous donne à la fois les précautions à suivre ainsi que les explications du phénomène que nous vivons tous ici.
Une autre conséquence désastreuse de l'éruption est la formation de lahar dingin : ces torrents charriant du sable et d'énormes pierres volcaniques vont dévaler les vallées du volcan lorsqu'il y aura des pluies violentes au sommet. Cette situation est d'autant plus grave que nous sommes dans une année la Nina et que la saison des pluies prévue sera très intense jusqu'à mai ou juin 2011.
Des centaines de maisons se trouvent près des rivières qui peuvent monter en très peu de temps et la vie des habitants est en danger pour une durée indéfinie. Peu d'informations précises circulent sur ces lahar et évidemment il y a peu de choses à recommander si ce n'est d'éviter ces lieux. Mais comment le faire ou le dire à des gens qui ont leur maison près des rivières ? Le risque est également grand car les lahar vont tout droit et peuvent sortir de la trajectoire des rivières en rasant tout sur leur passage. Le pire est à craindre sachant la masse de matières volcaniques crachées par le volcan depuis deux semaines. On parle de 150 millions de mètres cube contre 15 pour l'éruption de 2006.
La situation à ce jour est toujours dangereuse avec un niveau d'alerte 4 et un périmètre de sécurité, de plus en plus poreux, à 20 km près de Yogya, avec des changements pour le nord, l’est et l’ouest de la ville à 10 ou 15 km. Espérons qu'au moins le volcan se calme et ne soit pas réactivé par des secousses sismiques comme il y en a eu récemment et notamment le mercredi 13 novembre. Nous avons également la chance d'être bien épargnés des nuages de cendres jusqu'a présent et des brouillards denses de poussières. Les villes de Magelang et de Muntilan sont beaucoup plus touchées, certains n'ayant pas d'électricité pendant des journées entières.
L'atmosphère est donc toujours un peu étrange. On sent la présence du volcan sans la voir directement (quand ce dernier est recouvert de nuage) et en même temps, la vie continue. Les écoliers vont toujours à l’école et c'est aussi d'ailleurs déjà Noel dans les centres commerciaux...

Yann Larrere

Fin de l'obtention des KITAS grâce aux CV

C’est officiel, comme nous l’annonce ce lecteur, les C.V ne donnent plus droit à l’obtention du KITAS avec permis de travail. Contacté par nos soins, Pak Sujono, patron de Mandiri Anugrah Sejati confirme : « Le but de cette loi est de faire la chasse à toutes ces C.V fictives qui ne servent qu’à fournir des permis de séjour », explique-t-il. Il y aura toutefois des tolérances selon les cas de figures, notamment dans le cas des extensions, mais pas pour les renouvellements ou encore les premières demandes. Par ailleurs, officiel aussi à partir du 1er janvier prochain, les nouveaux candidats au KITAS avec permis de travail devront prouver qu’ils maîtrisent l’indonésien ou prendre des cours…

Bonjour à toute l’équipe de la Gazette et à ses lecteurs. Le saviez-vous ? Je viens d’apprendre officiellement par un ami de l’immigration que je ne pourrais plus renouveler mon Kitas avec ma C.V… En effet, depuis le 1er octobre 2010, seules les P.T peuvent délivrer le fameux Kartu Izin Tinggal TerbatAS (permis de séjour avec droit de travailler délivré aux étrangers en Indonésie). Depuis le 1er novembre, à Jakarta, « Closing » m’a-t-on dit ! Alors attention, il va falloir trouver une solution pour le renouvellement des Kitas qui arrivent à expiration… Pas facile, mais bon, les expatriés résidants en Indonésie depuis longtemps ont certainement l’habitude et sont en principe bien entraînés ! Je ne sais par ce que vous en pensez, mais moi j’ai l’impression que l’étau se resserre, doucement mais sûrement. Entre le MPWP, le Kitas maintenant, tout semble commencer à se dessiner ! Vous me direz, c’est normal, on a bien profité, maintenant il va falloir se rappeler de ces tracas administratifs métropolitains, même si on en est encore à des milliers d’années lumières… Mais tout avance très vite en Indonésie. Bon courage à vous tous et surtout… gardez le moral !

Pierre Porte

la prostitution masculine à Bali sur la TSR

Quelques mois après que les autorités eurent déclenché une véritable chasse aux sorcières à cause d’un reportage sur les Kuta Cowboys, une lectrice de Suisse s’indigne à son tour de ce qu’elle considère comme « une insulte au peuple balinais » après avoir vu une émission sur ce thème à la Télévision Suisse Romande.

Mesdames, Messieurs de la rédaction, quelques lignes pour vous faire part de mon indignation concernant le reportage de « Mise au Point » de la Télévision Suisse Romande dont le thème hier au soir était « les amants de Bali ». Nous sommes, mon partenaire et moi-même des inconditionnels de Bali depuis plus de 12 ans, nous aimons les Balinais, leurs rites avec tout ce que cela implique tant et si bien que nous y vivons 6 mois par an et qu'à chaque fois que nous quittons cette Ile des Dieux c'est avec une profonde tristesse... Donc hier au soir nous sommes restés "babas" devant ce reportage qui disait en clair que certains Balinais étaient des Kuta Boys, en fait vendaient leurs services sexuels à de plus ou moins jeunes personnes sans oublier les moins jeunes comme moi... d'après le reportage, c'est plus gratifiant et moins fatiguant, avec l'aval des épouses Balinaises, je rêve... Ce n'est pas le Bali que je connais et celui que nous connaissons, encore une fois c'est une mauvaise image qui porte insulte à ce peuple, même si cela est le cas pour une poignée d'individu, il ne s'agit pas d'une majorité, c'est un manque de pauvreté culturelle de montrer ainsi Bali, il y avait pour témoin soit un journaliste ou rédacteur du journal The Bali Time, le moins que l'on puisse dire est que ce personnage ne fait pas honneur au peuple Balinais... Suis-je à ce point naïve, novice, pour ignorer ce que ce reportage dénonçait ? Je sais l'amour rend aveugle mais tout de même... Déjà que des sottises ont été écrites l'année dernière sur les habitants d'Ubud pour le tournage du film avec Julia Roberts ( à savoir que l'on a piétiné la période importante des cérémonies du mois d'octobre), pas une ligne dans nos journaux occidentaux pour justifier la révolte des paysans... encore une fois de plus les Blancs se comportent toujours comme des imbus de leur méconnaissance.

Bien à vous et cordialement.

Christiane Bordeau

arnaque à l'aéroport de Denpasar

Un couple de vacanciers canadiens nous raconte leur mésaventure avec les fonctionnaires de l’immigration à l’aéroport. Un « grand classique » qui devrait rappeler au ministre du Tourisme que la qualité des services offerts aux voyageurs n’est toujours pas en adéquation avec ses désirs de développement de Bali comme une destination aux standards internationaux…

Nous sommes québécois et venons à Bali pour la 10e fois. Pour la première fois cette année, nous avons été victimes d'une arnaque. En arrivant le ler novembre après plus de 24 heures de vol, nous avons attendu plus de 45 minutes à l'immigration alors que nous avions déjà notre visa de 60 jours. Nous ne prenons pas la peine de vérifier nos passeports car nous avons hâte de prendre nos bagages et de nous rendre à l'un de nos endroits préférés. Le lendemain, en rangeant nos documents de voyage, nous nous apercevons que l'immigration a estampé ler octobre 2010 au lieu de ler novembre 2010. Comme nous connaissons déjà un agent qui fait notre renouvellement de visa, nous lui montrons nos passeports et nous lui demandons que la correction soit apportée car nous ne voulons pas de problèmes lors du prochain renouvellement de visa. Il s'est occupé pour nous de faire modifier la date mais les agents d'immigration ont exigé 150 000 rp chacun pour faire la modification. Apparemment, ce serait pratique courante pour se faire de l'argent sous la table, ils appellent ça "cigarette money".
Guerin et Gaston Beauchamp

un courrier en provenance de Jordanie

Votre Gazette m’a enchantée, pleine d’ironie, de pertinence, avec une petite saveur de café du commerce et un fonds culturel très fin. Elle m’est parvenue comme un billet érudit glissé par un ami. Les commentaires et analyses des lecteurs sont succulents et sentent bon le terroir. A mon tour je vous transmets un petit billet qui s’intitule « Traces de papillons et de chasseurs à Bali ». Comme des papillons ils sont superbes, paisibles, gracieux et paraissent fragiles. Doucement et à petits vols, ils se déplacent en solitaires dans les rizières ou en essaim sur la route très étroite. Quand ils s’arrêtent, ils se posent doucement et replient leurs ailes pour s’effacer. Sachant la vie trop courte, les papillons la consacrent à l’essentiel, au sacré et à la spiritualité. La nuit, point de papillon, ils s’endorment et attendent patiemment la rosée du matin pour s’abreuver d’une nouvelle journée et éviter la suée. Ils ne butinent pas les fleurs mais les sucs des petits bosquets de l’existence. Les rizières ne fleurissent jamais, elles rythment le temps qui s’y écoule comme l’eau si lentement. Sont-ils si inoffensifs ? Cachent-ils leur sensualité ? S’adonnent-ils à des plaisirs charnels ? Ce sont des secrets de papillon. Ils semblent exister par un rituel mystérieux. De grands chasseurs blancs sont venus les admirer, sans la volonté de les prendre dans leurs filets. Ils profitent de la volupté de la vie à Bali et des bienfaits généreux des papillons. Troublant le silence des rizières, les chasseurs blancs croassent comme les grenouilles qui sont avalées par les canards qui sont mangés par les Balinais. Même les plus ardents n’osent courtiser les gracieuses balinaises. Elle cheminent vers le temple, majestueuses et déployant vers le ciel leurs offrandes fruitées et colorées. Elles avancent par petits pas hiératiques dans une cérémonie permanente que nul ne saurait perturber. Même un char d’assaut ne peut tuer un papillon. Les chasseurs laissent des traces comme des chenilles métalliques. Les papillons ne deviennent-ils pas chenilles. Les battements d’ailes de papillons de Bali ne provoquent pas de tempête mais le souffle de l’harmonie.

Fabrice Fourmanoir

faaturuma@mail.pf

DU SPORT EN INDONESIE

Avec quelques mois de décalage, un lecteur réagit à un papier de Jean-Baptiste Chauvin sur le sport en Indonésie (cf. La Gazette de Bali n°58 – mars 2010) et posent certaines questions…

Bonjour à vous, toute l'équipe de la Gazette de Bali, je m'appelle Hugo, étudiant en master de management de projet à Sydney. Je vous écris après avoir lu l'article de Jean Baptiste Chauvin « L'Indonésie en mal de sport ». Si je réagis à cet article, c'est parce que ce sujet m'intéresse au plus haut point. J'aimerais vous faire part du projet qui est le mien et récolter ainsi vos avis et réactions.

Jean Baptiste décrit très bien l'état des lieux du sport de haut niveau, non seulement en Indonésie, mais dans beaucoup d'autres pays également minés par la corruption. Des pays pourtant capables de produire des sportifs excellents dans de nombreuses disciplines les font passer à la trappe, par manque d'argent et de volonté. Les Philippines, pays dans lequel j'ai travaillé un an comme coordinateur de programmes sportifs dans une ONG, rencontrent le même problème : d'excellents basketteurs, pas de gymnases, pas d'entraineurs. L'idée est simple : créer des centres de sport/études, à proximité des endroits les plus pauvres du pays. Pour permettre à la fois aux talents locaux de s'entrainer de façon professionnelle tout en bénéficiant en même temps d'une formation scolaire.

Dans son article, Jean Baptiste Chauvin décrit très clairement l'avantage qu'aurait les grandes marques de sport à financer un tel projet. Image, retombée médiatique, promotion des sportifs les plus prometteurs comme ambassadeurs de leur marque... a priori, ces firmes ont tout à gagner dans une telle aventure. Qu'en pensez-vous ? De telles structures existent-elles déjà ? Où sont-elles implantées ? Les populations les plus pauvres y ont-elles accès ? Si non, un tel projet vous paraît-il envisageable, réalisable ?

Je vous remercie d'avance de vos réponses. Bonne journée à vous et bravo à toute votre équipe

Hugo Kelberine


La réponse de la rédaction…
Hugo,
Tout d’abord merci de l’intérêt que vous portez à la Gazette de Bali et à ses articles.
Pour répondre à votre question sur les sections sport/études, non cela n’existe pas en
tant que tel en Indonésie à ma connaissance. J’entends par là, sur un modèle sport/
études tel qu’il existe en France.
Néanmoins, pour parler de deux des sports les plus populaires en Indonésie (badminton
et football), des exemples existent. Les grandes marques de cigarettes locales (Djarum,
Gudang Garam…) possèdent leur propre club de badminton (dans le centre et l’est
de Java où elles sont implantées), formant donc leurs propres joueurs de haut niveau.
A ma connaissance, le suivi scolaire n’y est cependant pas optimal. L’entrainement
sportif est professionnel, mais manque des compétences scientifiques et de suivi des
athlètes nécessaires aux sportifs de haut niveau.
En ce qui concerne le football, ces mêmes marques sont également présentes, mais
essentiellement dans le sponsoring des compétitions majeures, y injectant donc
directement de l’argent. Mais dans la ligue professionnelle de football indonésienne,
la très grande majorité des clubs est financée par les administrations locales. Il n’y
a donc pas d’aspect scolaire impliqué, et la détection est quasi inexistante, tout
comme l’apport essentiel (dans un premier temps) de savoir-faire européen dans la
formation.
Récemment, le ministère des Sports a décidé d’associer une entreprise publique
au développement d’un sport (une entreprise par sport). Des ressources
financières devraient ainsi être débloquées, mais il est trop tôt pour envisager
leurs effets.
Enfin, je sais qu’un Français installé en Indonésie est actuellement en pleines
démarches ici et en France afin de créer une structure telle que vous en parlez, mêlant
sport et études en Indonésie, concernant le football et destinée à recruter sur l’ensemble
du territoire. D’autres initiatives existent peut-être. Nous restons à votre disposition
si vous souhaitez en savoir davantage sur ce projet. Cordialement.
Jean-Baptiste Chauvin

COURRIER DU CCCL DE SURABAYA

Je reçois avec plaisir et je lis avec intérêt « La Gazette de Bali » que le CCCL propose aussi dans sa médiathèque. Pour nous, les Français de Java-Est, au nombre de 40, « La Gazette » est un air de fraîcheur, original et informatif, qui nous relie, le temps de la lecture (et au-delà) à vous, Français de Bali, si nombreux, dont ici on vante l’insouciance, les soirées arrosées et les événements mondains. Je vous complimente de pouvoir chaque mois nous divertir et nous apprendre des choses.
Il faut cependant que je vous dise que le réseau culturel français en Indonésie, soutenu, malgré les crises, par l’Ambassade de France, n’est pas circonscrit à la seule Alliance française de Denpasar et au CCF de Jakarta : les centres culturels français de Bandung, de Yogyakarta et de Surabaya sont d’autres joyaux de la couronne ! Je comprends que « La Gazette » n’ait pas comme objectif de parler des CCF de province, situés sur l’austère Java, mais quand « La Gazette » a l’excellente idée de parler d’une manifestation aussi importante et aussi courageuse, pour toute l’Indonésie, que le Q ! Film Festival (cf. numéro de septembre 2010), en omettant de signaler que le festival a également lieu dans nos centres, « La Gazette » fait du tort à l’engagement quotidien de tous les CCF auprès des artistes indonésiens et des associations socioculturelles indonésiennes. C’est la deuxième année que je remarque cette omission et je voulais vous le signaler.
Il en est de même pour le festival du film français, dont les CCF et le Service culturel de l’Ambassade de France supportent les coûts, il en est de même pour le festival du film européen, il en est de même pour la plupart des artistes, des conférences, des expositions qui, sans le travail reconnu de ce réseau, ne pourraient pas venir jusqu’à Bali. Mesdames, Messieurs, ne nous oubliez pas lorsque vous parlerez de nous ! Merci. Cordialement.

Christian Gaujac

CCCL Surabaya, Jalan Darmokali 10 60265 Surabaya
Tél : +62 31 567 86 39 / 561 52 46 Fax : +62 31 567 65 29

Notre réponse…

Cher Christian,
Bien loin de nous l’idée de négliger l’action culturelle des CCF de province comme vous les appelez, nous vous présentons nos excuses pour cette omission. Il est vrai que nous envoyons depuis le premier jour la Gazette dans tout le réseau des centres culturels français en Indonésie sans avoir presque jamais eu aucun retour de la part de ses directeurs et de ses lecteurs alors, avec le temps, nous avons négligé de vous citer lors d’opérations importantes, telles le Q Festival qui a même valu des manifs anti-françaises. Merci d’être enfin sorti de l’ombre, nous serons attentifs à ne plus vous oublier.
Socrate Georgiades

De la difficulté d'avoir un petit ami occidental

Ces quelques mots vont à ces indonésiennes qui encaissent à longueur de journée des propos blessants, humiliants et qui souffrent de préjugés. « Sale pute ». Voilà ce que j'entends à longueur de temps quand je marche dans la rue avec mon ami français. Ma couleur de peau et mes yeux ronds me trahissent, je suis bien née ici, indonésienne et fière de l'être, même dans les bras de cet homme blanc. Et pourtant, les regards mi-jaloux mi-répugnants, les sourires mesquins et les rires à peine étouffés, je les ressens, ils me collent à la peau. Une pute, une fille qui fait le tapin, une fille de plaisir, un objet sexuel pour riche expatrié en manque de chair fraîche, jusqu'où vont les allusions ! Pourtant, je ne l'ai pas rencontré en Indonésie, mais bien en Europe, et je ne l'ai pas forcé à venir, je ne lui demande pas de me ramener des bijoux ni des parfums Dior et des sacs Louis Vuitton pour impressionner mes voisines, je ne suis pas son objet sexuel, son amante du bout du monde qu'il aime à montrer dans les bars chics de Seminyak.
Chaque apparition en publique devient une torture durant laquelle il faut affronter une pluie de remarques blessantes. Dans les galeries commerciales, les vendeuses à chaque rayon nous dévisagent et ne cessent même pas quand je me retourne vers elles. Elles m'adressent la parole en anglais, comme si j'avais définitivement perdu mon identité. A Kuta, marcher le long de la plage devient un véritable enfer quand on passe devant les vendeurs de souvenirs : « T'aimes les grosses bites », « Alors il fait bien l'amour, lui ? ». Bien sûr, lui ne comprend pas, sauf quand je me sens obligée de lui traduire, toujours 20 mn après. On ne s'adresse plus à moi, mais à lui qui a l'argent. Les couples mixtes ne sont pourtant pas rares sur Bali et les mariages toujours aussi nombreux.

Ama

motard dans la cendre

motard dans la cendre
merapi novembre 2010

face sud du merapi

face sud du merapi
paysage de désolation après le passage des lahar